L’Accident Vasculaire Cérébral

Article rédigé par Adrian Guggisberg, Médecin Adjoint Agrégé

Le cerveau est un organe qui a besoin de beaucoup d’énergie. Cette énergie lui est amenée par la circulation sanguine sous forme d’oxygène et de glucides. Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) résultent d’un trouble de la circulation avec dégât consécutif d’une partie du cerveau.

On distingue les formes ischémiques et hémorragiques d’AVC. La première apparait lorsqu’une artère est bouchée par un caillot de sang (un embole) ou par un rétrécissement. La forme hémorragique se caractérise par une rupture de la paroi d’un vaisseau avec écoulement de sang dans le tissu.

Comment les AVC se manifestent-ils ?

Une grande partie de nos activités de tous les jours est contrôlée et dirigée par les cellules neuronales du cerveau. Suite au dégât d’une partie du cerveau, certaines activités du quotidien peuvent devenir difficiles voire impossibles à réaliser. A titre d’exemple, ces troubles neurologiques peuvent se manifester par des difficultés de :

  • bouger des membres, se lever, marcher,
  • parler,
  • percevoir des sensations tactiles ou des informations visuelles,
  • explorer l’espace,
  • ou même rester réveillé.

Pourquoi est-ce que ça arrive ?

Les AVC peuvent avoir plusieurs causes différentes, notamment des maladies des vaisseaux ou du cœur. Votre médecin va faire des examens afin de trouver l’origine chez vous. Parfois, elle reste inconnue malgré un bilan large.

Il est bien démontré que certains facteurs augmentent le risque d’AVC, surtout :

  • l’hypertension artérielle,
  • le tabagisme,
  • le diabète,
  • un taux élevé de cholestérol et de lipides dans le sang,
  • la sédentarité et le surpoids,
  • le syndrome d’apnée au sommeil.

Que faire ?

Lors de l’apparition d’une difficulté à parler, de bouger, de voir ou d’un autre trouble neurologique, il est important de se rendre rapidement aux urgences. Ceci est valable même si les difficultés sont passagères. Il est parfois possible de corriger les troubles de la circulation sanguine et de sauver une partie du cerveau.

Le deuxième objectif du traitement est d’éviter de nouveaux AVC dans le futur. Pour ceci, les facteurs de risque doivent être traités et contrôlés. En cas de forme ischémique de l’AVC, on va vous proposer un médicament qui vise à fluidifier le sang. En cas de maladie du cœur ou d’un vaisseau, une intervention chirurgicale peut devenir nécessaire.

Si l’AVC a induit des troubles neurologiques, vous pouvez participer à un programme de rééducation. Selon la situation, la rééducation vise à stimuler la récupération des difficultés. Dans d’autres situations, on peut compenser une difficulté avec des moyens auxiliaires ou des stratégies adaptées au quotidien.

Comment ça va évoluer ?

Le cerveau a la capacité de se réorganiser et d’apprendre. Après un AVC, notre corps produit pendant quelques semaines des substances qui permettent une réorganisation particulièrement marquante. C’est pour cette raison que nous pouvons souvent observer une récupération particulièrement rapide des difficultés neurologiques dans les premières semaines après l’AVC.

Les cellules neuronales qui se trouvent dans la région atteinte par l’AVC ne vont pas se régénérer. Par contre, les cellules intactes à proximité peuvent changer de fonction et reprendre une partie des fonctions perdues.

Il est impossible de savoir à l’avance combien les difficultés vont s’améliorer. Pour certains, les activités de la vie quotidienne et la reprise du travail nécessiteront de nombreux aménagement, tandis que pour d’autres le quotidien se remettra tranquillement en place.