L’évolution après un traumatisme crânio-cérébral (3/3)

Article rédigé par Béatrice Léemann, Médecin ajoint agréé, neurologue

Beaucoup de symptômes vont montrer une amélioration spontanée progressive sur plusieurs mois.

Certains problèmes, comme par exemple les crises épileptiques qui se répètent ou la dépression sévère, nécessitent un traitement avec des médicaments.

Pour d’autres une prise en charge spécifique de rééducation est indiquée.

La rééducation aura alors plusieurs buts  parallèles:

  • favoriser la récupération avec des exercices ciblés, actifs, intensifs et répétitifs (par exemple entrainement à la marche);
  • aider la personne à se rendre compte des ses troubles, comprendre leur implication dans la vie quotidienne et les gérer (concerne par exemple la fatigabilité, le manque de concentration ou de mémoire, la gestion des émotions);
  • amener des stratégies de compensation et/ou des moyens auxiliaires adaptés au problème présenté (par exemple apprendre à s’habiller seul malgré un bras paralysé, utiliser une planche de bain sur la baignoire pour en faciliter l’accès);
  • accompagner la personne et ses proches dans la mise en place d’éventuelles d’aides matérielles ou humaines (par exemple soins à domicile).

 

Les problèmes moteurs vont souvent avoir moins d’impact à long terme que les difficultés cognitives ou affectives, moins visibles et plus difficiles à reconnaitre par la personne touchée et/ou ses proches. De tout vouloir faire comme avant, alors que la situation n’est plus la même, n’est souvent pas la meilleure stratégie à adopter. Certaines activités sont importantes ou tiennent à cœur et d’autres le sont moins et il faut garder son énergie pour les premières. Certaines choses   peuvent être faites seul même si ce n’est pas de la même façon qu’avant et en prenant plus de temps, d’autres nécessitent de l’aide qu’il ne faut pas hésiter à demander et à accepter. Parfois il est bon que ce soit une aide extérieure pour que la relation avec les proches ne soit pas complètement modifiée.

A terme, en ce qui concerne la qualité de vie, le facteur décisif n’est pas tellement la gravité des séquelles mais comment la personne cérébrolésée et ses proches arrivent à les accepter, les gérer ou les compenser.

Reprendre le cours de sa vie après un TCC, surtout si sévère avec des symptômes persistants (« séquelles ») est ainsi un vrai défi.

 

 

 

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